(REINE DU DANXOMÈ)
Seule reine de la dynastie des rois du Danxomè, Tassi HANGBÉ, sœur jumelle de son prédécesseur KABA, a régné de 1708 à 1811. Dans la tradition, l’honneur accordé à un jumeau s’étend systématiquement à son second. Roi du Danxomè , KABA a souvent sollicité sa sœur pour différentes expéditions guerrières dont une contre les Wémé à Lissazoun en 1708, qui lui sera fatale. À sa mort, il est remplacé par sa sœur dont la ressemblance avec lui fait effet sur la troupe. Couronnée du retour à Abomey, la capitale, Tassi prolonge le règne de son frère, assumant son statut de reine régnante. Elle établit les impôts, multiplie le forage des puits, élargit aux femmes les métiers traditionnellement réservés aux hommes en incorporant dans l’armée les chasseresses d’éléphants qu’elle transforme en guerrières. C’est la naissance du corps des « minons » (Nos mères, à cause de leurs auras).
En 1808, soit près d’un siècle après, l’arrière petit-fils de Tassi HANGBÉ, GHEZO accède au pouvoir. Le 10e roi de la dynastie va réorganiser ce corps en une unité d’élites surentraînée, appelée « agodjie » (dégage de mon chemin) .
Tassi HANGBÉ quitte le pouvoir en 1711, contrainte par son jeune frère DOSSOU et après une cabale montée contre elle et après la mort violente de son fils. Pendant près de trois-cent ans, sa figure a été oblitérée par les historiens de la cour royale. Aujourd’hui réhabilitée, elle suscite un intérêt croissant tant pour les scientifiques que pour les artistes. Comme les autres rois de la dynastie, Tassi HANGBÉ est représentée au palais des rois d’Abomey, la cité-musée, par une descendante de la lignée qui assure, par sa présence régulière sur place, sa mémoire et son héritage.